#1 Construire avec ses équipes les valeurs et la culture de l’entreprise

Inclusivement Vôtre – Elizabeth Doyle

Pour écouter l’épisode 1

Parce que l’inclusion passe par l’accessibilité de tous nos contenus, notre podcast est retranscrit à l’écrit. Vous pouvez retrouver la transcription écrite de l’épisode ci-après.

 

Dans cette retranscription, vous allez lire des passages rédigés en écriture inclusive et d’autres non. Chez Projet Adelphité, nous utilisons quotidiennement l’écriture inclusive, c’est pourquoi les interventions de Laura sont rédigées de cette manière. Cependant nous souhaitons retranscrire avec fidélité la parole de l’invité’e. Nous avons donc fait le choix de ne pas appliquer l’écriture inclusive lors de ses interventions.

Bonne lecture.

Transcript Episode #1

Introduction

Bienvenue dans ce nouvel épisode d’Inclusivement vôtre !

Inclusivement vôtre, c’est le podcast qui envisage la culture d’entreprise comme un pilier stratégique du développement des organisations, avec un prisme diversité et inclusion.

Je m’appelle Laura Driancourt et je suis l’hôte de ce podcast créé et produit par Projet Adelphité, l’agence de conseil et stratégie en diversité et inclusion qui propose une approche multidimensionnelle pour mettre ce sujet au coeur de la performance des organisations.

Bonne écoute !

Présentation de l’épisode

J’ai rencontré Elizabeth lors d’un bootcamp de création de contenu sur Linkedin. J’ai été très rapidement touchée par la douceur et la bienveillance qui émanaient d’elle, notamment au travers de ses posts.

Alors forcément, ça a été une évidence de lui proposer de participer au podcast.

Elizabeth est la première dirigeante que j’ai interviewée pour Inclusivement Vôtre. Je n’avais aucune idée du contenu qui allait ressortir. Je savais juste que puisque c’était Elizabeth, ça allait être intéressant, doux et plein de réflexion.

Dans cette première partie de notre échange, Elizabeth revient sur la construction de la culture d’entreprise chez AVES Formation.

Contenu de l’épisode

Présentation et définition

Laura : Bonjour Elizabeth.

Elizabeth : Hello Laura.

Laura : Merci beaucoup d’être là. Je suis ravie d’enregistrer cet épisode de Inclusivement vôtre avec toi. Merci beaucoup d’avoir accepté de participer.

Elizabeth : Merci à toi pour l’invitation. J’ai hâte de commencer.

Laura : Super ! Pour commencer je te propose de te présenter ainsi que ton entreprise.

Elizabeth : Ok moi c’est Élizabeth ou Elizabeth [ndlr : prononcé à l’américaine] plutôt. Je suis Américaine, j’ai vécu dix ans en France et maintenant je vis en Italie depuis trois ans. J’ai donc un profil plutôt multinational. Je suis maman de deux petits garçons de trois ans et bientôt un an pour le deuxième. Et je suis fondatrice d’AVES Formation depuis 2013. AVES est spécialisé dans les formations de langues, bureautique, numérique et management pour les entreprises et pour les salariés via leur CPF. Nous sommes une équipe de quinze personnes en interne et nous travaillons avec une trentaine de formateurs indépendants.

Laura : Super. Du coup, je vais te poser quelques petites questions de définitions. Pour commencer, en quelques mots, comment tu définirais la diversité et l’inclusion ?

Elizabeth : J’avais lu un article sur le sujet qui m’a marquée. J’ai un peu gardé ces définitions. La première définition, c’est la diversité, l’article disait que c’est un fait. C’est un fait d’avoir plusieurs types de profils en entreprise. Donc je pense que je peux dire qu’on a une entreprise avec beaucoup de diversité. Nous sommes une équipe de quinze personnes, dont treize femmes et deux hommes. On a aussi cinq personnes qui sont nées dans un autre pays, qui ne sont pas françaises à la base, des origines différentes, des religions différentes, des orientations sexuelles différentes, des parents, des célibataires aussi, des personnes sans diplôme ou en reconversion professionnelle et aussi une personne en situation de handicap.

Donc la diversité, c’est juste un fait, c’est avoir plusieurs types de profils à l’intérieur de l’entreprise, mais l’inclusion c’est un choix. Il faut mettre en place des actions pour que chaque personne se sente à sa place à l’intérieur de l’entreprise. Donc ça, c’est une définition qui m’avait marquée.

Laura : C’est une définition intéressante. Justement, pour continuer sur cette histoire de choix, en quelques mots, comment toi, tu définirais la culture d’entreprise ?

Elizabeth : Je pense que je me suis posée beaucoup de questions sur la culture de façon générale. Le fait d’avoir vécu dans plusieurs pays, j’ai souvent été confrontée à des situations où je n’avais peut-être pas les réflexes culturels du pays. Par exemple, quand je suis arrivée en France, je n’avais pas l’habitude de faire la bise ou de serrer la main à tout le monde tous les matins et tous les soirs. Parfois, on est confronté à des situations un peu bizarres pour nous, parce qu’on ne vient pas de là. Aussi la culture d’une famille maintenant multiculturelle, avec mon mari qui est Italien et nos enfants qui sont Américains – Italiens et avec une maman qui travaille en France, c’est un peu particulier. Je dirais juste que la culture d’entreprise, ce sont des habitudes, des traditions, des valeurs, tout ce qui est partagé par les personnes à l’intérieur de l’entreprise et peut-être les choses qui nous différencient telles qu’à l’extérieur, on puisse dire : “Ah oui cette personne vient de là, ou cette personne vient de cette entreprise où ils partagent ces valeurs.”. Donc une sorte de petit monde finalement, où à l’intérieur on crée un endroit qui nous ressemble et qui est différent du monde extérieur. Ou un mélange de plusieurs choses. Je ne sais pas si c’est clair.

Laura : Si, c’est clair. Un peu comme un identifiant commun en fait, quelque chose qui nous lie et qui peut se refléter à l’extérieur aussi qu’on puisse reconnaître. C’est ça ?

Elizabeth : Oui.

Laura : OK et dans cette lignée, comment pour toi la culture d’entreprise s’articule avec la stratégie de ton organisation ?

Elizabeth : Je pense que j’ai mis du temps à comprendre l’importance de la culture d’entreprise. Quand je me suis lancée, ça ne faisait pas partie des questions que je me suis posées. J’ai fait le business plan. J’ai travaillé sur le logo et le site internet, j’ai cherché des clients, mais je n’ai pas forcément pensé tout de suite à la culture d’entreprise. Mais depuis quelques années, on a connu une forte croissance et tous les problèmes qu’on a eus liés à cette croissance, parce qu’on peut croire que la croissance c’est super mais en fait c’est hyper difficile à gérer, et les plus gros problèmes qu’on a eus, étaient liés à l’humain, que ce soit le recrutement, l’intégration, la formation, le turn-over, etc. Je me suis rendu compte qu’on ne pouvait pas gérer cette croissance sans prendre en compte l’humain et la culture de l’entreprise. C’est-à-dire, il fallait essayer de creuser et de savoir pourquoi on était tous là à travailler ensemble, quel était le sens, quel était l’objectif commun et comment faire en sorte que derrière le recrutement et l’intégration de l’information, de la communication, que tout ça soit en lien avec la culture et les valeurs de l’entreprise. Donc je pense aujourd’hui clairement, c’est un point hyper important dans la stratégie de l’entreprise.

Laura : Trop bien. Le fait que tu parles des valeurs, ça avance super bien la question suivante : quels sont les mots-clés que tu utiliserais pour définir les valeurs de AVES Formation ?

Elizabeth : J’ai l’impression d’être dans un monde de Bisounours quand je vais le dire et peut-être que ce sont des valeurs qu’on voit sur tous les sites internet de toutes les entreprises. Mais pour nous, les valeurs chez AVES sont la bienveillance, l’entraide et le partage.

La co-construction des valeurs chez AVES Formation

Laura : Ces valeurs de bienveillance, d’entraide et de partage, comment tu les as déterminées ?

Elizabeth : Je pense qu’au début, je faisais ça de façon inconsciente. Comme j’ai dit, je n’avais pas pris le temps, l’initiative de poser ces valeurs sur papier et dire : “OK, voici les valeurs de l’entreprise”. Donc au début je pense que ça passait juste par le fait de recruter des personnes qui, peut-être, me ressemblaient ou qui partageaient certaines valeurs sans forcément me rendre compte de cela. C’était surtout au fil des années où on a vu que parfois ça se passait super bien avec certaines personnes, ou parfois ça ne marchait pas du tout avec certaines personnes, ou même on a pu voir qu’une personne pouvait être négative, ou une personne avait tendance à parler derrière le dos des autres personnes, ou à créer des conflits etc. Ça pouvait avoir un impact énorme sur toute l’équipe. Donc on a commencé à se poser des questions sur tout ça et savoir quelles sont les choses qu’on a en commun avec les personnes avec qui ça se passe bien, que ce soit dans l’équipe, aussi les clients, parfois ça ne marche pas avec un client pour les mêmes raisons. Donc on a parlé de tout ça. J’ai posé la question : “quelles sont les choses que vous aimez chez vos collègues, chez AVES ?”. Ce sont des choses qui sont ressorties en fait, que tout le monde aimait bien le fait de travailler dans un environnement bienveillant où on n’a pas peur de s’exprimer, de dire quand ça ne va pas. Quand on a besoin d’aide, qu’on n’a pas peur d’être soi-même. Parce que, comme je l’ai expliqué, on a une équipe assez différente et dans d’autres entreprises, on peut avoir peur d’avouer certaines choses parce que on ne sait pas quelles seraient les conséquences. Du coup, en échangeant avec l’équipe et en faisant un peu d’introspection, on a défini ensemble les valeurs de l’entreprise.

Laura : C’est super intéressant le fait que vous vous soyez questionné’es ensemble et je pense que c’est important. Mais ce qui m’a marquée dans ce que tu disais, c’est que c’était fait d’une façon inconsciente au début. A ton avis, ça vient d’où le fait que tu aies implémenté ça dans ton entreprise ? Il y a des gens dans leur vie privée, ils sont comme ça, mais ils n’arrivent pas à l’implanter dans leur entreprise ou inversement. Ils ne le sont pas nécessairement dans leur vie privée et ils arrivent à l’implanter dans l’entreprise, même si je pense que ce dernier cas est beaucoup plus rare. Mais de ton côté, ça vient d’où ces idées de bienveillance, entraide, partage ? Est-ce que c’est ton éducation ? Est-ce que c’est toi, des choses que tu as voulu mettre en place au niveau de ta personnalité, de ton caractère au fur et à mesure ? Parce que tu te sentais mieux comme ça ? Ou c’est complètement autre chose ?

Elizabeth : Je pense que ça vient en partie du fait que moi, à la base, je suis différente. Je suis étrangère, j’ai été exclue de certaines choses. On s’est moqué de moi. Donc en étant différente déjà à la base et voyant que pour moi, ce n’est pas normal de traiter des personnes de cette manière. Je ne voulais pas de ça dans mon entreprise.

Laura : Et ça, ça s’est produit quand, du coup ? Quand tu es arrivée en France ?

Elizabeth : Oui, quand je suis arrivée en France, il y a deux choses. Donc moi déjà, en étant étrangère, on peut voir le traitement envers nous-mêmes. Donc j’ai vu comment j’ai été traitée dans certaines situations d’un côté. Mais d’un autre côté, je vois que c’est encore pire pour d’autres personnes. Quand je suis à la préfecture par exemple, je dois y aller pour ma carte de séjour, je vois qu’il y a quand même une différence de traitement entre moi, avec mes origines, donc venant des États-Unis, étant une femme blanche, n’ayant pas une religion qu’on peut voir sur ma tête. Du coup je passe inaperçue tandis que d’autres ça se voit tout de suite qu’ils sont différents et j’ai vu plusieurs fois que le traitement était encore pire pour certaines personnes. Donc j’ai vécu de la discrimination mais j’ai vu que ce n’était rien à voir avec ce que certaines personnes pouvaient vivre.

Laura : Oui, c’est un peu l’ensemble. On a déjà parlé un peu sur LinkedIn de tout ça. Ce qui est un privilège, c’est le privilège blanc aussi de pouvoir être vu’e et en même temps invisibilisé’e enfin pas dans le sens d’être invisible, plutôt dans ces moments-là où en fait tu es tellement dans la norme qu’on ne te fait pas sortir du lot. Et en même temps d’être vu’e, tu es visible parce que tu as plus de facilité pour obtenir… Par exemple, vous voulez obtenir des financements, ce serait plus facile pour toi pour les obtenir, même si tu es une femme. Il y a quand même une complexité mais en tant personne blanche, c’est plus facile ; ta couleur de peau ne te pose pas d’obstacles dans ta vie de tous les jours et notamment pour obtenir une carte de séjour ou la renouveler. Même s’il y a, de ce que je comprends, une xénophobie rampante en France, quelle que soit en fait la couleur de peau des gens, puisque tu vas ressentir un rejet du fait de la nationalité, du fait de ne pas être française, mais en même temps ça ne se couple pas à du racisme.

Elizabeth : Oui, voilà.

Laura : J’ai bien résumé ?

Elizabeth : Oui, c’est ça.

Laura : OK super, merci beaucoup pour ce partage. Effectivement, je comprends que ça joue. Lorsqu’on a des conversations avec nos ami’es ou d’autres partenaires, on se rend compte que c’est quelque chose qui revient beaucoup. Le fait d’avoir au moins un vécu de discrimination, généralement, permet de développer davantage l’empathie, la bienveillance, l’écoute. Alors ce n’est pas le cas, évidemment, de tout le monde. On ne va pas essentialiser non plus les personnes qui vivent des discriminations, mais c’est plus facile parce qu’on sait ce que ça fait. Parce qu’aussi potentiellement, on est éduquée, quand on est une femme, quand on est une personne racisée, à prendre soin des sentiments des personnes dites dominantes qui ont des privilèges. En fait, quand on est une femme, on nous éduque beaucoup à prendre soin des hommes. Et les personnes racisées, on les éduque beaucoup à ne pas heurter les sentiments des personnes blanches. Et forcément, ça développe plus d’empathie, de bienveillance, d’entraide. L’idée ce serait de rééquilibrer les choses, pas de dire que les personnes femmes, minorisées en général devraient arrêter de le faire. Mais qu’en fait tout le monde le fasse de prendre soin les uns, les unes, des autres. En tout cas, c’est la vision qui nous porte chez Projet Adelphité, dans l’ensemble de notre travail.

Chez AVES, help will always be offered to those who ask

Laura : Ton témoignage s’inscrit aussi dans cette logique que lorsqu’on a vécu des discriminations, c’est plus facile de s’inscrire, de développer de l’empathie, de la bienveillance, de l’entraide. L’entraide pour moi, ça s’inscrit profondément avec l’empathie, c’est la mise en action de l’empathie, à mon sens. Mais du coup, ce qui m’intéresse maintenant c’est de savoir comment ces valeurs se traduisent au jour le jour dans la culture de AVES Formation ?

Elizabeth : J’ai eu l’occasion de poser cette question-là aussi. On a vraiment eu plusieurs discussions, des valeurs qu’on partageait et le quotidien de l’entreprise. J’ai quelques exemples concrets. Il y a une personne de l’équipe qui m’a expliqué qu’en juillet, donc avant les vacances d’été, elle a vécu une période difficile. C’est un moment de l’année où on est très chargé. On a beaucoup de planning, d’organisation, de recrutement à faire avant les vacances d’été pour préparer la rentrée en septembre. C’est aussi une jeune maman qui a deux petits en bas âge. Donc je sais que ce n’est pas facile tous les jours, que ça fait beaucoup de choses en même temps, quand on a des difficultés en entreprise et aussi dans sa vie privée parfois, c’est un peu compliqué. Donc elle a demandé de l’aide à une de ses collègues qui l’a accompagnée pendant cette période, qui a travaillé avec elle sur l’organisation etc. Et à la fin de cette période, elle a remercié sa collègue. Elle lui a dit que c’était une super collègue, qu’elle avait de la chance de pouvoir travailler avec elle. Et cette collègue lui a dit qu’elle aussi c’était une collègue en or et elle a dit “je te rends ce que je ressens” et j’ai vu que cette personne a noté la phrase. Elle l’a notée et elle me l’a lue parce qu’elle voulait noter ces mots qui l’ont tellement touchée. Et quand il y a des situations comme ça, je me dis : « Voilà, c’est exactement ça. C’est exactement ce que je voulais ». Une autre personne, je lui ai posé la question. Il m’a dit en anglais : “Chez AVES, help will always be offered to those who ask.”. C’est ça, c’est l’entraide tout le temps, c’est de l’écoute, la patience dans tous nos échanges. C’est le quotidien chez AVES.

Laura : Trop bien. La traduction peut se faire par : Chez AVES il y aura toujours de l’aide pour les personnes qui la demandent. Je pense que c’est une bonne traduction. Tu me dis parce que…

Elizabeth : Oui.

Laura : Je parle bien anglais, mais ce n’est pas ma langue maternelle, donc je parle sous le contrôle d’Elizabeth et c’est vrai que c’est super beau comme phrase. Effectivement, ça mélange bien les idées de bienveillance, d’entraide et de partage. Au final, parce qu’il faut partager aussi quand on rencontre des difficultés, parce que tout le monde rencontre des moments où c’est difficile et parfois on est dans sa bulle, on ne voit pas toujours automatiquement que les gens ne vont pas bien, soit parce qu’on est dans sa bulle, soit parce que les gens le masquent très bien, ça arrive on a plein de témoignages de gens qui masquent très bien les difficultés rencontrées dans leur vie et en fait c’est important de demander de l’aide. Mais c’est important aussi qu’on puisse savoir qu’on aura une réponse. Et cette phrase, ça pourrait être un peu ton slogan. Je ne sais pas si c’est marqué dans vos annonces d’emploi, mais je trouve que c’est une bonne phrase qui vous représente. S’il fallait mettre une phrase pour vos valeurs, je pense que cette phrase elle est vraiment super.

Elizabeth : Et ça, ça me parle beaucoup plus comme je disais. Ça pourrait sembler bête ou bateau ou comme tout le monde qui dit : “Oui on est bien, on est bienveillant.”. Mais quand je vois ces choses-là ou quand on explique ce que j’ai vécu avec un collègue, je vois que c’est vraiment une réalité.

L’importance des gestes du quotidien

Laura : Mais ces exemples-là, c’est extrêmement précieux, justement pour montrer en fait comment ça se traduit au jour le jour. D’avoir des témoignages comme ça, de collègues qui vont accompagner, qui vont soutenir, qui vont récupérer la charge de travail s’il y a besoin, sans non plus se mettre en burn-out. Et voilà de rééquilibrer les choses. Il faut quand même penser à sa santé mentale. Il y a une image qui revient souvent dans les questions de santé mentale que j’aime beaucoup : lorsqu’on prend l’avion et on nous dit tout le temps les consignes de sécurité et que la première chose à faire, c’est de mettre son masque à oxygène s’il y a besoin et ensuite d’aider son voisin ou sa voisine à mettre le sien. Et là, c’est pareil, d’abord on prend soin de soi, on s’assure qu’on va bien pour pouvoir aider les gens à côté. Donc c’est important, par exemple, de pouvoir décharger des collègues de leur surplus de travail lorsqu’ils ou elles rencontrent des difficultés, mais à condition que ça ne nous mette pas nous dans le rouge, en fait, en terme de santé mentale ou de capacité en général.

Elizabeth : Mais du coup, on fait un gros travail sur l’organisation et sur le fait d’identifier les objectifs et les priorités justement pour que chaque personne puisse déjà savoir est-ce que je suis en capacité d’aider maintenant ? Pas parce que c’est bien. C’est bien d’aider les autres, mais si ça nous met en difficulté nous-mêmes ce n’est pas le but non plus, le but n’est pas de se sacrifier pour l’autre mais de trouver un équilibre et de savoir qu’il y a des moments où un collègue a peut-être une charge de travail plus importante. Et moi j’ai moins de choses à faire donc je peux compenser, aider à ce moment-là ou bien d’alerter le manager ou moi de me dire : “OK, cette personne est en difficulté, moi je ne peux pas intervenir parce que mon planning est plein moi aussi donc est-ce que tu peux intervenir ?”. Et à ce moment-là, je vois moi ce que je peux faire pour aider, pour améliorer la situation.

Laura : Complètement. C’est toujours une idée de communication au final. Et ce qui m’intéresserait, c’est de savoir comment, là on a parlé de comment vous avez déterminé tes valeurs d’entreprise. Mais comment tu as construit la culture chez AVES, comment ça s’est fait ?

Elizabeth : Je pense qu’il y a plein de petites choses qu’on a mis en place ou qu’on a testé au fil des années. Récemment, on a mis en place une action de, je ne sais pas si je peux appeler ça une formation, un accompagnement qui s’appelle La Bulle avec Véronique. En fait, on avait chaque semaine des séances de sophrologie et tous les mois des séances de co-développement. Pendant ces séances de codev, chaque fois, il y avait un salarié qui apportait une problématique et la problématique pouvait être pro ou perso, ou un mélange des deux. Pendant cette séance, on a commencé par poser des questions à la personne pour bien comprendre la problématique. Et ensuite à la fin, on essayait de donner des conseils, des pistes à creuser sur cette problématique. C’est une chose qu’on a mis en place et qui a vraiment aidé à créer une sorte de cohésion d’équipe et de confiance entre les salariés. On a aussi mis en place sur Slack de petites choses parce qu’on est une équipe hybride, donc il y a des personnes dans les locaux, mais aussi des personnes full remote. On communique beaucoup sur ce Slack et on a créé un canal qui s’appelle Kudos. On a Kudos Friday, c’est tous les vendredis, on a un petit Slack bot qui dit “Tiens c’est Kudos Friday, si vous voulez faire un feedback à un collègue.”. Donc on peut faire un feedback public, c’est à dire devant tous les collègues ou en privé si on veut envoyer directement à la personne concernée et on se donne des feedbacks. On remercie, on félicite nos collègues pour les réussites de la semaine.

Laura : C’est trop bien.

Conclusion de l’épisode

J’ai beaucoup aimé la transparence d’Elizabeth sur les difficultés qu’elle avait rencontrées en ne se penchant pas explicitement sur la culture d’entreprise le plus tôt possible ainsi que la façon dont elle a répondu à ce sujet. Tout simplement en impliquant ses équipes dans la réflexion. Je crois que c’est la marque d’une véritable leadeuse.

Dans la deuxième partie de notre échange, nous parlerons de la méthode test & learn et nous remettrons en question la pertinence de la notion de productivité.

A la semaine prochaine !

Références entendues dans l’épisode

La Bulle de Véronique Souchon

Kudos Friday

Outro

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A très bientôt pour un nouvel épisode d’Inclusivement vôtre !